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Guerre d’usure

Russie–Ukraine

Dernière mise à jour : 3 août 2026 · Revu et amélioré sur place, sans être republié sous forme de nouvel article

État des lieux. Après plus de quatre ans, la guerre s’est installée dans un schéma que l’évaluation 2026 de l’International Crisis Group décrit sans détours : les forces russes continuent de gagner du terrain au prix de lourdes pertes, et la ligne de front n’a pas été franchie de manière décisive. Moscou a pris du terrain autour de Pokrovsk, Siversk, Houliaïpole et Koupiansk, et a progressé en direction de Dnipropetrovsk et de Soumy. Kiev contrôle toujours environ un cinquième de la région de Donetsk ainsi que de vastes parties de Kherson et de Zaporijjia, et continue de frapper les infrastructures pétrolières russes et le trafic maritime en mer Noire.

Le moment décisif

La décision qui compte se joue à Washington, pas sur le champ de bataille. L’administration Trump a déclaré au Conseil de sécurité de l’ONU, le 31 juillet, que la Russie et l’Ukraine « doivent négocier un cessez-le-feu et une paix durable » d’ici le 8 août — dans cinq jours — et que les États-Unis sont « prêts à mettre en œuvre des mesures supplémentaires pour garantir la paix » si cette échéance n’est pas respectée. L’Ukraine a déjà accepté les conditions de cessez-le-feu proposées par l’administration. La Russie, non. Dmitri Medvedev, vice-président du Conseil de sécurité de Russie, a qualifié cette échéance de « menace » et de « pas vers la guerre », rejetant catégoriquement l’ultimatum.

Qui détient le levier

Le levier revendiqué par Washington est d’ordre économique : des droits de douane imposés directement à la Russie, ainsi que des droits de douane secondaires visant les pays qui continuent d’acheter du pétrole et du gaz russes, principalement la Chine et l’Inde. Trump a lui-même affaibli ce levier dans la foulée, en déclarant à propos de Poutine : « Je ne sais pas si les sanctions le dérangent » — un signal que Moscou peut lire aussi facilement que quiconque. Selon les analystes, la posture de la Russie consiste à ne faire aucune concession supplémentaire et à considérer la visite à Moscou de l’émissaire Steve Witkoff comme une occasion de négocier la levée de la menace de sanctions plutôt que de mettre fin à la guerre. L’Europe assume une part distincte et croissante du fardeau : l’aide financière américaine à Kiev ayant été coupée, les membres européens de l’OTAN financent la défense en grande partie seuls, alors même que Washington les presse par ailleurs d’augmenter leurs propres dépenses.

Ce qu’il faut surveiller

Que le 8 août débouche sur des mesures réelles et effectivement mises en œuvre, ou qu’il devienne une nouvelle échéance repoussée, sera le signe le plus clair de l’ampleur du levier que Washington entend réellement utiliser — les échéances ont déjà glissé par le passé dans cette diplomatie. Au-delà de cela, il faudra observer si les conditions éventuelles comportent de véritables garanties de souveraineté pour l’Ukraine, ou si l’on aboutit au risque que l’International Crisis Group juge le plus profond : un accord qui laisserait Kiev « privée d’une dissuasion forte » face à un futur mouvement russe.

Enjeux s’appuie sur des déclarations officielles de première main et des travaux de recherche institutionnels, recoupés avec des sources d’information fiables. La rubrique décrit l’évolution du pouvoir, du capital et des institutions. Les entrées sont corrigées et améliorées sur place à mesure que la situation évolue, plutôt que republiées sous forme de nouveaux articles. — Voir tous les Enjeux