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Guerres imbriquées

Israël–Liban–Palestine–Syrie

Dernière mise à jour : 3 août 2026 · Révisé et amélioré sur place, non republié comme nouvel article

État des lieux. Quatre théâtres d'opérations, une seule zone. À Gaza, un cessez-le-feu conclu en octobre 2025 a mis fin aux combats les plus violents, mais sa deuxième phase — le désarmement du Hamas, le transfert des pouvoirs et la reconstruction — est au point mort ; des centaines de personnes ont été tuées depuis l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, et le gouvernement israélien a approuvé, fin juillet, la mise en place d'une Force internationale de stabilisation, réservée aux États entretenant des relations normalisées ou pacifiques avec Israël. Au Liban, une nouvelle guerre a éclaté le 2 mars, quelques jours après l'attaque qui a coûté la vie au Guide suprême iranien, et dès le mois de juin, les forces israéliennes avaient franchi le fleuve Litani et occupé environ un cinquième du pays ; la monnaie libanaise s'est effondrée de près de 98 % et son économie est passée de 52 milliards de dollars à environ 18 milliards de dollars. En Syrie, le gouvernement post-Assad dirigé par Ahmed al-Sharaa cherche à conclure un accord de sécurité avec Israël tout en continuant à faire valoir la revendication de la Syrie sur le plateau du Golan.

Les points à trancher

Trois questions restent en suspens. Premièrement, le « Comité national pour l'administration de Gaza » prévu deviendra-t-il un véritable organe de gouvernance, ou restera-t-il, comme le soulignait une analyse de juillet, une entité qui « n'existe qu'au Caire » ? Deuxièmement, l'empreinte croissante d'Israël à Gaza, au Liban et en Syrie — décrite par un groupe d'experts de la Fondation Carnegie comme un « anneau de zones tampons » s'étendant sur environ 1 000 kilomètres carrés — se consolidera-t-elle en une architecture de sécurité durable, ou fera-t-elle l'objet d'une renégociation en vue d'un retrait ? Troisièmement, la Syrie pourra-t-elle obtenir un accord formel avec Israël sans renoncer à sa revendication sur le Golan ?

Qui détient le levier

Israël détient le levier militaire le plus net sur les trois fronts, y compris une position tampon dans le sud du Liban qui se situerait, selon certaines sources, à proximité du gisement de gaz inexploité le plus précieux du Liban. L'État libanais n'en détient presque aucun : son programme avec le FMI reste au point mort dans l'attente d'une législation sur la restructuration bancaire, et les capacités propres du Hezbollah ont été affaiblies par ce qu'Israël qualifie de centaines de frappes depuis la trêve de 2024. Le gouvernement syrien suit une trajectoire étroite — recherchant un allègement des sanctions (les États-Unis ont abrogé le Caesar Act en décembre 2025) tout en évitant de donner l'impression de céder du terrain sur le Golan ou au Liban. Les États-Unis, en tant que garants à la fois du cessez-le-feu à Gaza et de l'allègement des sanctions envers la Syrie, détiennent un levier disproportionné sur l'évolution des trois dossiers.

Ce qu'il faut surveiller

L'eau est la dimension sous-discutée qui sous-tend le conflit visible. La Jordanie puise dans le bassin du Yarmouk en vertu d'une répartition de 1956 fortement réduite en pratique, et le plateau du Golan repose sur des aquifères qui importent à la fois pour Israël, la Syrie et la Jordanie — mais les informations disponibles documentent ce point de façon bien moins rigoureuse que les dimensions territoriales et politiques ; le contrôle des ressources doit donc être traité comme une hypothèse de lien à vérifier avec le temps, et non encore comme un fait pleinement établi. Plus immédiatement vérifiable : si les chiffres humanitaires de Gaza (environ 70 % de la population toujours privée d'un abri adéquat, selon les rapports de juillet) continuent de s'améliorer, et si le Liban voit émerger un véritable financement de reconstruction avant que sa crise monétaire ne s'aggrave davantage.

Enjeux est élaboré à partir de déclarations officielles de première main et de recherches institutionnelles, recoupées avec des sources fiables. Cette rubrique décrit comment le pouvoir, le capital et les institutions évoluent. Les entrées sont corrigées et améliorées sur place à mesure que la situation change, plutôt que republiées comme nouveaux articles. — Voir tous les segments Enjeux