Dernière mise à jour : 3 août 2026 · Revue et améliorée sur place, plutôt que republiée comme un nouvel article
État des lieux. Le taux de fécondité de l’UE est tombé à 1,34 naissance par femme en 2024, son niveau le plus bas depuis le début des statistiques à l’échelle de l’UE en 2001, avec une baisse des naissances de 3,3 % par rapport à l’année précédente ; Malte (1,01) et l’Espagne (1,10) se situent en queue de peloton. Selon les propres projections d’Eurostat pour 2026, la population de l’UE devrait atteindre un pic de 453 millions d’habitants en 2029, puis diminuer de près de 12 % d’ici 2100, tandis que la part des personnes âgées de 80 ans et plus triplera, passant de 6 % à 16 %. Le paradoxe : la population totale de l’UE a encore légèrement augmenté jusqu’en 2024-2025 — mais presque exclusivement grâce à l’immigration vers l’Espagne, la France et l’Allemagne, et non grâce aux naissances ; il s’agit donc davantage, pour l’instant, d’un phénomène lié à la fécondité et au vieillissement que d’une baisse de la population.
L’UE parviendra-t-elle à combler son propre déficit de compétitivité avéré avant que le vieillissement démographique ne l’aggrave ? Un bilan de janvier 2026 sur le rapport Draghi sur la compétitivité a révélé que seules 15 % de ses recommandations avaient été pleinement mises en œuvre et 24 % partiellement — la fragmentation du marché intérieur de l’UE continuant, selon les propres estimations du rapport, à agir comme un droit de douane de 44 % sur les biens et de 110 % sur les échanges de services entre les États membres. Le rapport lui-même met en garde contre une érosion de sa crédibilité d’ici 2027 si la mise en œuvre ne s’accélère pas, dans un contexte qu’il désigne explicitement : « vieillissement démographique, faible productivité, pressions géopolitiques ».
La Pologne affiche de véritables performances économiques exceptionnelles : une croissance du PIB de 3,6 % en 2025, la quatrième plus forte de l’UE, et un PIB par habitant (PPA) atteignant le niveau record de 81 % de la moyenne de l’UE. Mais ces données compliquent plutôt qu’elles ne confirment le scénario simpliste de « l’exception unique ». Le taux de fécondité de la Pologne a atteint un niveau historiquement bas de 1,068 en 2025 — l’un des plus faibles au monde, inférieur à celui du Japon, de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la France — et la Pologne a enregistré la plus forte baisse démographique en chiffres absolus de l’UE pendant deux années consécutives, avec environ 168 000 décès de plus que de naissances pour la seule année 2025. L’Irlande (croissance de 12,3 %, bien que largement considérée comme faussée par la comptabilité fiscale des multinationales), Malte et Chypre ont toutes affiché une croissance globale supérieure à celle de la Pologne en 2025. La Pologne ne fait donc pas figure d’exception en matière de croissance, et sur le plan démographique en particulier, elle est sans doute moins bien placée que la moyenne de l’UE, et non l’inverse.
Les dépenses européennes de défense ont augmenté de 14 % en 2025 pour atteindre 864 milliards d’euros — la plus forte hausse annuelle depuis la fin de la guerre froide —, 22 des 29 pays européens membres de l’OTAN respectant désormais le seuil de 2 % du PIB. Il s’agit là d’une réponse concrète et rapide à l’environnement sécuritaire, mais celle-ci s’ajoute aux pressions démographiques et de compétitivité évoquées plus haut, sans pour autant y apporter de solution. La question la plus délicate derrière ces chiffres globaux est de savoir si cette hausse des dépenses se traduira par les réformes institutionnelles et de marché préconisées par le rapport Draghi, ou si elle ne fera qu’alourdir davantage la charge budgétaire pesant sur une assiette fiscale en déclin et vieillissante.
La rubrique Enjeux clés est élaborée à partir de déclarations officielles de première main et d’études institutionnelles, recoupées avec des sources d’information fiables. Elle décrit l’évolution du pouvoir, du capital et des institutions. Les articles sont corrigés et améliorés sur place à mesure que la situation évolue, plutôt que republiés sous forme de nouveaux articles. — Voir tous les dossiers Enjeux clés