Le Canada a besoin de 1,8 billion de dollars en investissements d'infrastructure au cours de la prochaine décennie. Ponts. Routes. Électricité. Eau. Les besoins sont réels et urgents.
En même temps, le gouvernement fédéral est écrasé par les tarifs américains qui compressent les revenus. Les rentrées fiscales sont en baisse. Les marges de manœuvre budgétaires rétrécissent.
Ces deux réalités sont en collision directe. Vous ne pouvez pas investir 1,8 billion avec moins de revenus. Vous ne pouvez pas maintenir les dépenses actuelles de l'État fédéral tout en finançant de nouvelles infrastructures. Ces deux choses sont incompatibles.
Le prochain budget ne sera pas un exercice de routine. C'est un choix entre des priorités incompatibles.
Le problème n'est pas l'argent
Le problème du Canada n'est pas un manque de capital. C'est un excès de gouvernement.
Des décennies de croissance bureaucratique, de programmes sociaux non viables et de dépenses déficitaires ont créé un État fédéral qui ne peut pas se réformer. Il y a trop de couches. Trop d'agences. Trop de fonctionnaires qui gèrent d'autres fonctionnaires.
Les tarifs américains ne font qu'exposer ce qui était déjà fragile. Une machine gouvernementale trop grosse pour être efficace et trop rigide pour s'adapter.
Pourquoi le système ne peut pas se réformer
La bureaucratie fédérale n'a aucune incitation à réduire la taille. Elle a une incitation très claire à se protéger.
Chaque ministère, chaque agence, chaque division croit que son travail est essentiel. Les syndicats de fonction publics considèrent les réductions comme une menace existentielle. Les politiciens manquent du courage politique pour dire non à des groupes de pression puissants.
Le résultat est un système qui ne peut pas s'adapter, même quand l'adaptation est la seule option viable.
La réalité du choix
Le gouvernement fédéral doit choisir une de trois routes :
Option Un : Augmenter les taxes. Imposer davantage aux Canadiens qui en paient déjà beaucoup. Cela écrase l'économie et pousse les investissements vers les États-Unis. C'est un cercle vicieux : moins de croissance économique, moins de revenus, plus de pression pour augmenter les impôts.
Option Deux : Réduire les services gouvernementaux. Fermer des agences. Éliminer des programmes. Demander aux fonctionnaires de faire plus avec moins. C'est difficile politiquement et impopulaire, mais c'est possible.
Option Trois : Continuer comme avant en espérant que l'économie rebondisse suffisamment pour résoudre les problèmes. C'est un acte de foi, pas une stratégie.
Aucune de ces options n'est facile. Mais deux d'entre elles sont impossibles à soutenir à long terme.
Ce que devrait être la solution
Un gouvernement plus petit, plus efficace, qui fait moins mais le fait bien.
Cela signifie :
Réformer la fonction publique. Réduire les niveaux de gestion. Éliminer les doublons. Demander aux ministères de justifier chaque dépense.
Vendre ou fermer les agences qui ne livrent pas de résultats. Si une agence fédérale ne peut pas démontrer de valeur ajoutée, elle devrait être fermée ou transférée à un gouvernement provincial.
Simplifier le système de prestations. Trop de programmes font sensiblement la même chose, avec des niveaux de bureaucratie différents. Consolidez. Réduisez l'administration.
Être honnête avec les Canadiens. L'État-providence universel est devenu inabordable. Vous ne pouvez pas offrir des services à tout le monde, tout le temps, sans limite de coûts. Les choix difficiles doivent être explicites, pas cachés.
Pourquoi cela ne va probablement pas arriver
Parce que la réforme gouvernementale exige du courage politique, et le courage politique est une ressource rare à Ottawa.
Les politiciens préfèrent faire des promesses de dépenses. C'est facile et ça donne l'impression de faire quelque chose. Couper les dépenses est impopulaire et force les politiciens à défendre des choix difficiles.
Donc attendez-vous à plus de promesses, moins de réforme, et à une crise fiscale qui s'aggrave progressivement jusqu'à ce qu'elle devienne inévitable.
Le moment de vérité
Le prochain budget va être révélateur. S'il y a de nouvelles augmentations d'impôts sans réforme de la fonction publique, alors vous savez que le gouvernement a choisi l'Option Un. Les tarifs américains vont s'aggraver, les revenus vont continuer à baisser, et les impôts vont continuer à monter.
S'il y a une réduction réelle des dépenses gouvernementales, alors vous savez qu'un leadership a enfin émergé. Ce sera difficile à court terme, mais viable à long terme.
Le Canada a les ressources pour surmonter ce moment. Il a l'ingénierie, l'éducation, les matières premières. Ce qu'il lui manque, c'est un gouvernement efficace.
Moins de gouvernement signifie moins de tout d'abord—moins de bureaucratie, moins de gaspillage, moins de complications. Mais cela libère les ressources pour faire vraiment plus de ce qui compte : construire, créer, innover.
Jusqu'à présent, le gouvernement fédéral a choisi le contraire.